Interview vérité : Marc-Olivier Fogiel
" C'est vrai que certains disent que je suis un roquet, d'autres que je me suis " druckerisé ", mais ça me passe au dessus de la tête "

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De nouveau, Marc-Olivier Fogiel fait la une de l'actualité à cause de son émission ONPP. Condamné par la justice et malmené par Dieudonné & co, MarcO commente sa rentrée à Téléstar.
- Allez vous démissionner de France 3, comme le demande Dieudonné, qui vous accuse de racisme ?
Depuis quinze ans que je fais de la télévision, je me bats contre les discriminations. Même si je reconnais que le SMS pour lequel j'ai été condamné avec France Télévisions a été malencontreux. Dieudonné a à son actif une longue liste de propos assimiliables à de l'antisémitisme. Il est mal placé pour me donner des leçons.
Toujours décidé à faire appel ?
Je ne sais pas encore. Je ne veux pas donner l'occasion à Dieudonné de faire son cirque médiatique. D'un autre coté, j'ai recu beaucoup de témoignages - notamment de la communauté noire - de gens qui me soutiennent.
Avec ce climat de tension, craignez-vous d'autres débordements ultérieurs ?
Je veux travailler mes émissions, comme d'habitude. Dieudonné essaie de monter les communautés les unes contre les autres. Il dessert la cause qu'il est censé défendre. Moi, je veux appaiser tout ça.
Pour en revenir à ONNP, pas trop inquiet de voir votre émission raccourcie à la demande de Patrick De Carolis ?
Je ne vois pas pourquoi j'aurais un traitement de faveur ! Tant pis si on perd 0.3 ou 0.4% de parts de marché.
En tant qu'animateur-producteur, vous êtes quand même sur la sellette, non ?
Pas du tout. Je n'ai aucun monopole sur une case horraire. Pour preuve: quand Le Fabuleux destin ... s'est arrêté, on ne m'a pas proposé de solutions de rechange. Ma société de productions ( PAF Productions) a perdu 30 à 40% de son chiffre d'affaire.
Son ami, son confident, son chroniqueur : Guy Carlier
- Parlons de Guy Carlier. Assumez-vous toujours ses coups de gueule ?
Il m'est arrivé de lui dire qu'il allait trop loin. Mais ses " emportements " restent raisonnables.
Son hospitalisation pour soigner sa boulimie, ça vous émeut ?
Beaucoup. Quand il m'a avoué qu'il s'éatit déjà préparé à la mort, et que cette hospitalisation représentait une chance de renouer avec la vie, je l'ai trouvé encore plus attachant. Je l'aime et j'ai envie de le protéger.
Les problèmes de poids, c'est un sujet qui vous a rapprochés ...
Oui, j'ai été trés corpulent moi-même trés corpulent bien que je n'ai pas été boulimique. Guy me dit toujours qu'il sent trés mince dans sa tête alors que moi, je me sens gros. Je vis en permanence avec cette obsession.
Certains invités vous repprochent d'aborder des thèmes que vous vous étiez engagé à ne pas évoquer ...
Faux. Je n'ai jamais trahi mes invités. Je préfère ne pas les avoir en plateau si il ne veulent pas jouer le jeu.
ONPP, l'émission à laquelle il doit tout ...
Ca vous flatte, que certaines personnalités aient peur de venir ?
Oui. Ca veut dire que pour elles, ONPP n'est pas une émission comme les autres.
Vous insistez souvent sur votre amitié avec Alain Delon, un peu vantard, non ?
Je suis trés fier qu'il ait accepté de faire la première d'On ne pouvait pas le rater sur RTL! Je lui avait envoyé un SMS pour l'inviter, et dix minutes après, il me repondait " Un OK de principe, je ne pourrais rien vous refuser. Let's talk lundi ou mardi. Alain." Je trouve ça super. Tant pis ça fait nul. Pour moi, c'est une marque d'amitié.
C'est sur que c'est moins facile de casser Delon qu'Elisabeth Tessier ...
Je ne m'en prends pas qu'aux faibles. Quand je fais une interview de Sarkozy, je suis fièr qu'un journaliste comme Olivier Mazerolles m'appellent ensuite pour me féliciter.
RTL, son autre "maison" ...
Heureux d'avoir intégré la tranche-info de RTL ?
Oui. Mais je ne cherche pas à tout prix à ce qu'on sache que je suis aussi journaliste.
Vous invitez souvent des personnalités que vous avez déjà reçues à la télé. N'est-ce pas un peu gênant ?
Je reconnais que certaines invitations ont été redonnantes avec la télé. J'essaie de le faire le moins.
Le reproche qui vous enerve le plus ?
C'est vrai que certains disent que je suis un roquet, d'autres que je me suis "druckérisé", mais cela me passe au dessus de la tête.
Il vous est pourtant arrivé d'appeler des rédacteurs en chef pour vous plaindre d'articles dont vous n'étiez pas content ...
Peut-être que j'étais moins zen quand ONPP ne faisait pas encore les audiences que j'esperais. Coté vie privée, j'ai connu des choses trés difficiles dont je n'ai pas envie de parler mais qui m'ont appris à relativiser.
Alors pourquoi ne pas avoir reçu Thierry Ardisson lors de la promotion de son livre ?
Pour ne pas donner d'importance à cette querelle médiatique. On était amis il y à quelques années et on s'est fachés quand il a franchi certaines bornes. Ce qu'il fait aujourd'hui - et il le fait trés bien - ne m'interresse pas.
Thierry Ardisson, son meilleur ennemi ...
Votre notoriété ne vous rend-elle pas parano ?
Sûrement. Même si je ne change pas: je me fringue normalement, je roule en Austin, j'habite dans un 90m² et pas un palace.
C'est quoi votre luxe ?
Les voyages. Mais je n'ai pas à parler de ma vie privée !
Mais, il y à quelques années, vous posiez dans la presse avec votre soeur ...
Ca fait partie de mes erreurs de jeunesse !
Combien gagnez-vous ?
A peu près 25 000 €uros par mois. Les dividendes de Paf productions sont reversés dans la société.
Aujourd'hui, de quoi avez-vous envie ?
Je n'ai pas de plan. Oui, une tranche d'info m'interresserait, oui, j'aimerais diriger les programmes d'une chaine - France 2 me l'a déjà proposé - mais je suis trés bien dans ce que je fais. Et après France 3 et RTL, j'aimerais prendre une année sabatique. Toutfois, je ne veux pas communiquer là-dessus.
Fier d'être un des nouveaux notables du Paf ?
Mais je ne vis pas comme un notable à la télé ! Regardez mon bureau : c'est une porcherie !
A 36 ans quel regard portez-vous sur votre parcours ?
J'ai eu de la chance. Il y a quelques jours, j'ai croisé Patrick Sabatier qui m'a connu, il y à 20 ans. Il m'a avoué qu'il ne m'aurait jamais imaginer là ou je suis. A y repenser, je n'ésperais pas autant dans mes rêves ...