Matrioshki: le trafic de la honte (M6)
Après Nip/Tuck, M6 voulait de nouveau marquer le coup avec sa série de deuxième partie de soirée
et le pari est réussi avec « Matrioshki » qui est dabord lancé ce soir en prime-time suivi dun débat présenté par Bernard De La Villardière (Zone Interdite).
Le titre de la série parle de lui même puisque sa traduction en français signifie « Poupées russes » .
Voici le résumé de ce nouvel ovni du PAF :
| Chaque année, des centaines de femmes sont enlevées et forcées à se prostituer. Matrioshki est l'histoire de dix d'entre elles. De jeunes lituaniennes rêvent de quitter leur pays pour rejoindre les pays prospères de l'Ouest. Ayant lu une annonce, elles décident de se rendre à une audition organisée par des producteurs cherchant des danseuses pour une tournée dans toute l'Europe. Séduites par les promesses de richesse, les filles retenues signent les yeux fermés. Débute alors une lente descente dans l'enfer de la prostitution et de l'esclavage. |

Antoine Faube, chargé des affaires européennes à Amnesty international, sera sur le plateau du débat qui devrait suivre la série : « Notre section néerlandaise va utiliser des extraits de Matrioshki dans un clip de prévention relayé dans les pays dEurope centrale et orientale. La série démonte bien les mécanismes qui jettent ces femmes aux mains de réseaux mafieux. » Des réseaux qui continuent à sévir en France, malgré la pénalisation, en mars 2003, du « racolage passif ». Voulu par Nicolas Sarkozy, ce durcissement législatif visait, sur le papier, à éradiquer les proxénètes.
« En 2004, les policiers ont multiplié les interpellations de prostituées et établi plus de 5 000 procédures pour racolage passif. Mais la police et la justice ne luttent pas contre les réseaux de crime organisé, note Patrick Hauvuy, de lassociation de réinsertion niçoise ALC, lui aussi ce soir sur M6. A ce jour, aucune condamnation pour la traite dêtres humains na été prononcée ! » Auteur dun des reportages de la soirée, Christophe Brulé confirme : « La loi Sarkozy a simplement poussé les réseaux à reléguer les prostituées loin des centres-villes, où la police ne va pas les chercher. »
Les jeunes femmes sont désormais basées dans des appartements discrets ou orientées vers des parkings et des friches industrielles improbables... Des endroits qui les isolent, les fragilisent et les mettent hors datteinte des associations de soutien. Autant de griefs qui auraient pu être adressés aux policiers, étrangement absents .
A voir à la télé:
Matrioshki:Le trafic de la honte-M6-20:50 (1/10 et 2/10)